Quatres siècles se sont écoulés depuis que les premiers explorateurs français ont atteint les rivages d'une terre qu'ils ont appelée Acadie, un territoire qui incluait ce qui est maintenant la Nouvelle-Écosse et l'Île-du-Prince-Edouard ainsi que des régions du Nouveau-Brunswick et du Maine. En 1605, ces négociants-aventuriers établirent une colonie à Port-Royal, un avant-poste européen minuscule situé à la tête du bassin d'Annapolis.
Les premières années de la communauté furent précaires et la croissance ne commença d'une manière importante que dans les années 1630s. Mais dès 1611, les premiers missionnaires Jésuites sont arrivés pour subvenir aux besoins spirituels des Mi'kmaqs et du peu de résidents français de Port Royal. En 1613, la paroisse de St-Jean Baptiste, souvent désignée comme de la plus ancienne au Canada - fut établie.
Pendant presque 150 années, cette paroisse de colons venus de France servi de centre pour la population toujours grandissante - colons qui apportèrent avec eux une aptitude à la culture du sol, provenant de marais salants, construisant des aboiteaux dont la fonction principale était d'empêcher l'inondation des prés bas. Ils apportèrent aussi avec eux une profonde fidélité à la foi catholique et ses institutions. Bientôt, ces colons furent connus par le nom d' Acadiens.
La destruction et la perte furent les thèmes prédominants de l'histoire des débuts de l'Acadie. Au moins cinq bâtiments différents servirent d'église durant les premières 150 années de la paroisse St-Jean Baptiste. Ils furent tous détruits par le feu ou par des attaques ennemies durant plus d'un siècle de batailles et de guerres que se livrèrent Français et Anglais sur le sol de l'Acadie. À travers tous ces bouleversements, il est surprenant que même un petit nombre de documents a survécu.
La plupart de l'Acadie fut céde de manière permanente à l'Angleterre en 1713; Port-Royal devint Annapolis Royal et l'Acadie devint la Nouvelle-Écosse. L'événement le plus tragique pour les Acadiens se passa en 1755 quand les autorités à Halifax décidèrent d'exiler les habitants français — événement appelé communément le Grand Dérangement.
Pendant l'automne de cette année et continuant par intermittence au cours des années qui suivirent, la majeure partie de la population acadienne — hommes, femmes et enfants — fut rassemblée par des troupes de l'Angleterre et de la Nouvelle-Angleterre, embarquée sur des navires et exilée à des destinations aussi dispersées que la Nouvelle-Angleterre, les Indes occidentales, la Grande-Bretagne et la France.
Cet épisode tragique a contribué à la destruction, la perte et l'aliénation presque complète de documents créés au sein des communautés agricoles isolées du territoire de l'Acadie.