L'Acadie

Les Acadiens et leur histoire

Au début
En 1604, Pierre Dugua, sieur de Mons, ainsi que Samuel de Champlain, ont traversé l'Atlantique, ont exploré les côtes de l'Acadie (qui est aujourd'hui la Nouvelle-Écosse), et sont devenus les premiers Européens à s'établir en Amérique du Nord. Ils ont passé l'hiver sur l'île Sainte-Croix, mais au printemps 1605, ils ont traversé la baie Française (baie de Fundy) et se sont établis à Port Royal. En raison des guerres qui avaient lieu en Europe, ce n'est que dans les années 1630 que la France a déployé des efforts pour coloniser l'Acadie et pour y établir des femmes et des enfants. Dans les années 1650, environ 50 familles vivaient à Port Royal. Ces familles constituent les fondements du peuple acadien. Très peu d'immigration a eu lieu après cette période.

L'Acadie était un territoire stratégique qui est passé plusieurs fois de la France à l'Angleterre et vice versa. Après la conquête de Port Royal en 1710, l'Acadie (la Nouvelle-Écosse) est devenue une colonie britannique. Les Acadiens ont été en mesure de vivre relativement en paix pendant quelques décennies. En 1755, environ 13 000 Acadiens habitaient en Nouvelle-Écosse.

Le Grand Dérangement - La Déportation
Les conflits ont commencé à s'intensifier alors que la France et la Grande-Bretagne cherchaient tous deux à obtenir le contrôle de l'Amérique du Nord. Au cours des années 1740 et 1750, les deux empires ont accru leur présence militaire dans la région qui représente maintenant les provinces Maritimes. En 1749, les Britanniques ont fondé Halifax dans le but d'installer des colons protestants en Nouvelle-Écosse. Halifax a été bâtie pour contrebalancer la forteresse française à Louisbourg, sur l'île Royale (île du Cap-Breton). Les Acadiens se sont ainsi retrouvés coincés entre deux grands empires.

Malgré le fait que les Acadiens avaient promis de rester neutres et avaient signé des serments d'allégeance conditionnels, les autorités britanniques ne leur faisaient toujours pas confiance. La décision de déporter les Acadiens a été prise par les membres du Conseil à Halifax, le 28 juillet 1755.

De 1755 à 1763, environ 10 000 Acadiens qui vivaient en Nouvelle-Écosse, sur l'île Saint-Jean (Î.-P-.É.) et l'île Royale (Cap-Breton) ont été déportés. Selon l'endroit où ils habitaient, ils ont été déportés dans les colonies situées le long de la côte de l'Atlantique (pas en Louisiane, car ce n'était pas une colonie britannique), en Angleterre et en France. Certaines familles ont réussi à se réfugier dans la colonie du Canada (qui est maintenant le Québec, et l'Ontario), ainsi qu'à d'autres endroits tels qu'aux îles de la Madeleine. De nombreux Acadiens ont perdu la vie sur ces bateaux surchargés où les maladies étaient facilement transmissibles.

Au début des années 1760, les terres fertiles situées le long de la baie de Fundy, que les Acadiens avaient cultivées pendant plus d'un siècle, ont été données aux colons protestants de la Nouvelle-Angleterre, les Planters. Le 20 septembre 1764, les membres du Conseil à Halifax ont reçu les directives du roi stipulant que les Acadiens pouvaient retourner en Nouvelle-Écosse à condition de prêter le serment d'allégeance et de s'établir en petits groupes, dans des régions isolées.

Grand Pré
Lieu historique national, Nouvelle-Écosse